Dieu et l’existence du mal

« Il (Dieu) est toujours du côté de la victime, et c’est pourquoi Il est le premier frappé en nous, pour nous, plus que nous, au-dedans de nous » . Maurice Zundel

L’existence du mal est le premier argument des athées.
Comment en effet Dieu, s’il est tout-puissant, peut admettre le mal ?
Pourquoi des innocents souffrent ? S’il y avait un Dieu, ce serait impossible.
La réponse chrétienne est que « Dieu n’y est pour rien ».

Dieu n’est jamais à l’origine du mal, Il en est toujours la victime. Si Dieu pouvait intervenir, Il interviendrait ou plutôt, Il le fait tel qu’Il est,  pas tel que nous le pensons.

En effet, nous pensons Dieu comme un être tout-puissant, trônant, presque écrasant, dans un ciel imaginaire, comme sur le tableau de Pieter Fransz de Grebber, un Dieu devant lequel nous ne pouvons que nous prosterner – ou nous mesurer – et qui pourrait en une fraction de seconde mettre fin aux multiples déluges de nos vies – ou pire… les ignorer -.

Or, le véritable Dieu, n’est pas ce Dieu là. Dieu est Amour et miséricorde, créateur de beauté et d’harmonie, il est le Dieu de la charité, du dépouillement, un Dieu qui crée le monde par un rayon de Sa tendresse et qui attend patiemment que nous créions, à notre tour, le monde qui nous entoure par un rayon de la nôtre.

Ainsi, lorsque le mal nous accable, Dieu intervient toujours par Sa Présence car Il est le premier touché. Toutefois, comme l’écrit Maurice Zundel, Sa Présence ne peut pas forcer la nôtre. Dieu n’est pas absent à nos malheurs, à notre souffrance, c’est nous qui ne sommes pas présents à Son Amour, « Il (Dieu) est toujours du côté de la victime, et c’est pourquoi Il est le premier frappé en nous, pour nous, plus que nous, au-dedans de nous » .

Dieu agit, Il nous soutient, nous accompagne, nous réconforte mais nous avons à Le recevoir.

Or, si le mal n’est pas une création de Dieu, le mal est pourtant bien là, présent, il existe. Nous devons régulièrement lui faire face.

Quel soulagement alors de savoir ou plutôt de ressentir que Dieu est cette personne sur laquelle nous pouvons compter dans l’adversité. Parce qu’à qui sait Lui ouvrir son coeur et ses oreilles, Dieu est toujours présent. Il ne se contente pas de cette « petite voix » que nous pouvons « entendre » – laquelle représente déjà tellement -, plus que ça, Il nous insuffle la force de Lui sourire en retour.

Car la Création, c’est le sourire de Dieu, un sourire qui fait circuler la joie et le bonheur à qui sait s’abandonner complètement à Lui, dans une confiance totale.

Ainsi, après l’épreuve, grâce à ce dialogue, cette communion, il y a… l’Amour : « Là ou la faute s’est multipliée surabonde le chérissement. » (Rm 5, 20)

Le mal et Dieu sont donc intimement liés et pour comprendre le mal, il faut lui donner des dimensions divines : le mal est finalement le mal de Dieu. Dieu souffre comme une mère peut vivre plus douloureusement la maladie que son enfant lui-même ne la traverse, comme « l’Agneau d’Elôhims qui enlève la faute de l’univers » (Jn 1, 29).
Dans l’épreuve, si nous donnons notre consentement, Dieu sera toujours agissant à nos côtés.

« D’ailleurs s’Il n’était pas du côté des victimes, il n’y aurait pas de mal; parce que, si le mal est si effrayant, si en effet il est épouvantable de scandaliser un petit enfant, s’il est monstrueux de le torturer, c’est parce que, dans cet enfant, il y a Dieu ». Maurice Zundel

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