Dieu est-il une mère ?

« Mais je suis Dieu, pas un homme. » (Os 11,9) 

Dans des sociétés patriarcales depuis des siècles, il n’était même pas envisageable de se poser la question de Dieu en tant, aussi, qu’une mère. Jusqu’au siècle dernier, nous ne pouvions même pas concevoir une femme savante, médecin, chef d’entreprise ou grande cuisinière… alors imaginer que Dieu puisse revêtir également l’image d’une mère… c’était tout simplement impensable et impossible.
La Bible n’est pourtant pas aussi catégorique et figée car dès les premiers versets, il est écrit : 

Dieu créa l’humain à son image, il le créa à l’image de Dieu, il les créa homme et femme. ” (Gn 1, 27).
Ce verset est assez explicite: l’image de Dieu n’est ni homme ni femme, elle est homme  ET femme.

Il y a également des passages dans Isaïe ou Dieu est clairement comparé à une femme :
« Mais maintenant, comme une femme qui enfante, je pousse des gémissements et je respire en haletant. » (Is 42,14)
« J’ai nourri des enfants, je les ai élevés, mais contre moi ils se sont révoltés. » (Is 1,2)
Vous que j’ai pris en charge dès avant la naissance, que j’ai portés dès avant le sein maternel. » (Is 46,3).
Dieu semble être à la fois le Père qui administre et commande et la Mère qui porte, enfante et nourrit avec attention et douceur. Par ailleurs, certains traducteurs de « El-Shaddaï », mot que l’on retrouve dans l’Ancien Testament, plus précisément dans la Genèse et à plusieurs reprises, s’accordent à dire qu’au lieu de « Dieu Tout-Puissant », la traduction serait : « Dieu qui nous allaite » ! Ce qui nous renverrait justement aux Évangiles avec un Christ qui offre de manger son corps pour avoir la vie.

En outre, St Augustin commentait déjà le Psaume 27 ainsi : « Dieu est un père, parce qu’il crée, parce qu’il appelle à son service, parce qu’il ordonne, parce qu’il gouverne ; il est une mère, parce qu’il réchauffe, qu’il nourrit, qu’il allaite, qu’il porte dans son sein. » et l’oeuvre de St François de Sales compterait pas moins de 55 allusions au côté maternel de Dieu.

Rappelons alors que Dieu n’est ni homme, ni femme « Mais je suis Dieu, pas un homme. » (Os 11,9) mais que l’émergence de « Dieu-Père » de l’Ancien testament vers le Nouveau et du triple système, dans le christianisme, de paternité et de filiation comme suit : 

  • les enfants de Dieu et leur Père
  • Jésus-Christ et son Père
  • Le Verbe et le Père Éternel 

ont contribué à une forme de « confusion » entre masculinité et paternité, engendrement et paternité, laquelle a entretenu une image d’un Dieu exclusivement comme un Père.

Aujourd’hui, la psychanalyse, les mouvements féministes – et la théologie qui en avait émergé -, les  critiques des idéologies ont permis de reconsidérer Dieu non pas seulement comme un Père – comme dans des théologies machistes -, ni seulement comme une Mère – comme l’ont avancé certaines  théologiennes féministes – mais un Dieu plutôt « Père et Mère ».
Ainsi, veillons à ne pas céder à une utilisation abusive d’un anthropomorphisme de genre masculin ou féminin, qui nous mènerait à confondre l’image, la représentation que nous avons de Dieu – même conforme de manière biblique ou théologique – avec la réalité même de Dieu. 

Dieu a la puissance d’un chef de famille et toute la tendresse d’une maman, Dieu est un « Parent ». 

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